Nostalgie

Je deviens nostalgique à l’idée d’un passé récent, mais combien révolu.

Ma première expérience télévisuelle diffusée en noir et blanc s’intitulait « Rintintin » et mettait en vedette un berger allemand qui parvenait en trente minutes à localiser une personne disparue, arrêter un malfaiteur ou éteindre un feu. Peu importe la difficulté, chaque fois la brave bête trouvait une solution. Il y eut aussi les émissions westerns où les cowboys affrontaient les Indiens; ainsi que des comédies toutes plus drôles les unes que les autres. Je me souviens tout particulièrement des galas de lutte du dimanche soir. L’émission se terminait toujours au début du combat principal opposant les méchants, tels, Yukon Éric ou Alex Kowalski, à de super vedettes comme Yvon Robert ou Johnny Rougeau.

À cette époque, dans les années 1950, les gens se baignaient sans crainte dans le fleuve Saint-Laurent et l’on buvait son eau sans attraper de vilaines « touristas ». Et que dire de sa limpidité; les poissons se voyaient très bien à une dizaine de mètres de profondeur!

Je me rappelle aussi du bon goût du lait de vache nature (non pasteurisé et dénaturé); de l’odeur de l’air frais printanier; du chant des cigales; des nuées d’hirondelles cordées sur les fils électriques avant les orages; des milliers de papillons et abeilles qui butinaient sur une mer de fleurs sauvages. Et puis, arrivaient ces hivers interminables durant lesquels nous devions enjamber des bancs de neige sur plus d’un kilomètre pour nous rendre à l’école du rang où là, le poêle à bois nous réchauffait pendant que nos vêtements suspendus à des crochets séchaient lentement. Que de souvenirs, que de nostalgies!

Un bien dure contraste…

De nos jours, les émissions de télévision pullulent d’intrigues macabres, de meurtres sordides, de fusillades, d’agressions, de vols et d’explosions en série. Ces scènes de violence sont présentes à toute heure du jour et de la nuit. Il m’apparait bien difficile de croire qu’une pareille pollution visuelle et auditive n’a pas d’impact négatif sur les enfants qui sont témoins de telles atrocités.

En ce qui concerne le long et majestueux fleuve Saint-Laurent, le pauvre a perdu sa bonne réputation depuis belle lurette. En effet, qui oserait maintenant y boire un verre d’eau sans d’abord y faire subir un traitement à l’usine de filtration. J’imagine la figure grimaçante de l’individu en avalant cette mixture malodorante, sale et pleine de produits chimiques. Les bélugas et les baleines en savent quelque chose. Dire que cette terrible dégradation d’un élément aussi vitale s’est déroulée en l’espace de cinquante ans à peine.

Eh oui! Je deviens nostalgique quand je pense à tout ça. Où sont-elles passé ces millions d’hirondelles, ces papillons et ces cigales de ma jeunesse? Pourquoi tant d’autres espèces sont-elles menacées ou pire, en voie de disparition?

À qui ou à quoi doit-on attribuer la responsabilité d’un tel effondrement de la nature?

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.